Protection des travailleurs




Illustration: Yannis Macchia

Au cours du 20e siècle, la branche horlogère subit plusieurs crises économiques d’envergure. Les phases de plein emploi succèdent aux périodes de licenciements massifs.

 

Lors des «trente glorieuses», le spectre d’une crise disparaît. En 1960, les partenaires sociaux qui se penchent sur le problème des licenciements collectifs ne se préoccupent donc que de ceux qui résultent des changements technologiques. L’accord prône le dialogue et le partenariat social pour établir le plus rapidement possible un plan social selon des critères définis en commun par les deux parties.


L’introduction du progrès technique peut avoir pour effet une forte réduction du besoin de main d’œuvre. C’est le cas par exemple avec le laser, qui supprime des milliers d’emplois dans le perçage des pierres d’horlogerie.

La crise horlogère

C’est dans un contexte général de réduction de main d’œuvre que, au milieu des années 1970, la branche horlogère suisse doit faire face à une concurrence étrangère brutalement accrue et à l’apparition des premières montres à quartz. Le nombre des travailleurs chute drastiquement, passant de 89 500 personnes en 1970 à 29 800 personnes en 1987.



Pour amortir les effets de la crise, les partenaires sociaux étendent au chômage économique le champ d’application de l’accord sur le chômage technologique. Les parties contractantes se disent «soucieuses d’atténuer dans la mesure du possible les conséquences négatives des fermetures totales ou partielles d’entreprises, des réductions de personnel, des pertes de salaires, dues à des causes économiques touchant une partie appréciable du personnel».

 

Elles s’engagent à prendre les mesures adéquates : transfert de personnel, mise en place de cours permettant la réadaptation dans d’autres professions.




Le 11 novembre 1978, les horlogers se rassemblent devant le Parlement fédéral pour réclamer des mesures contre le franc fort.

Cet «Accord sur la politique de l’emploi» n’est pas la solution mais offre déjà les bases d’un dialogue entre employeurs et travailleurs.

«Les partenaires sociaux ne peuvent pas empêcher l’orage d’éclater. Mais ils peuvent se munir de parapluies pour en limiter ou en atténuer les effets dommageables.»
Jean-Pierre Ghelfi, économiste

Depuis 2002, la convention collective de travail ajoute un nouveau parapluie à sa panoplie. En effet, les partenaires sociaux allongent le délai de congé de 3 mois en cas de licenciement économique pour les travailleurs âgés de plus de 60 ans ayant au minimum 8 ans d’activités dans une entreprise horlogère conventionnée.

 
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