Politique salariale


La question des salaires est largement débattue depuis 1937 entre les partenaires sociaux.

 

La grande crise des années 30 a vu une érosion systématique des salaires. L’inflation s’y ajoute en 1936, provoquée par la dévaluation du franc suisse. En 1937, l’objectif principal des syndicats est donc très logiquement d’inscrire dans la convention une hausse des salaires.

 

Dans cette période de brève reprise économique, les employeurs «se déclarent prêts, en principe, à relever les salaires insuffisants dans des limites supportables, c’est-à-dire dans une mesure ne compromettant pas la possibilité pour l’industrie horlogère suisse de soutenir la concurrence sur le marché international.» Par la suite, il a été admis que «la politique salariale est l’affaire des entreprises».

Eviter le dumping salarial

Les salaires des travailleurs frontaliers faisaient l’objet de réglementations cantonales. Celles-ci tombent en 2004, en raison de l’application de l’accord avec l’Union européenne sur la libre circulation des personnes. La crainte d’un possible dumping salarial a amené le syndicat à revendiquer, et le patronat à accepter, l’introduction dans la CCT de 2002 de salaires minimaux d’embauche. Depuis 2004, ils sont négociés entre les partenaires sociaux par canton ou région.

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Jugement du 10 juillet 1948
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Allocation de renchérissement

En 1937, la première convention est signée dans l’objectif d’adapter les salaires aux coûts de la vie. Le processus d’adaptation n’est toutefois pas automatique. Il fait l’objet de négociations annuelles entre les partenaires sociaux qui prennent pour base de discussion:

  • le salaire horloger médian
  • l’indice des prix à la consommation.

Mensualisation et 13e salaire



Jusqu’au début des années 1980, les ouvriers sont payés aux pièces ou selon un tarif à l’heure. Chaque quinzaine, ils reçoivent à l’atelier une enveloppe avec leur salaire en espèce.


L’accord du 6 décembre 1980 marque une rupture. Il stipule que désormais «tous les travailleurs seront mensualisés, sans discrimination de sexe et de fonction». Ce changement est une révolution. Il nécessite une nouvelle organisation dans les services comptables des entreprises. Le changement se fait par étapes. Dans un premier temps, seuls les ouvriers ayant un minimum de 3 ans d’ancienneté sont mensualisés. Dès le 1er janvier 1984, la mensualisation est généralisée à l’ensemble des travailleurs hormis ceux travaillant à domicile.

 

Parallèlement, le patronat accepte d’octroyer un 13e salaire aux travailleurs en entreprise et à domicile. Cette nouvelle charge salariale ne peut être absorbée en une fois par les entreprises. Elle est introduite progressivement (20% du 13e salaire en 1981, 45% en 1983, 70% en 1985), le paiement du premier 13ème salaire complet intervenant en 1986.

Participation aux frais de traitements médicaux

Lente constitution des assurances sociales

L’histoire des assurances sociales (accident, maladie, etc.) en Suisse se caractérise par de nombreux refus en votation populaire et par une certaine lenteur dans la mise en place du tissu social en comparaison des autres pays européens.

 

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les coûts de la santé commencent à augmenter. L’affiliation à une caisse maladie n’est pas encore obligatoire. En 1950, seul 50% de la population est couverte par une assurance.

En 1950, les industriels horlogers décident d’accorder une participation aux frais de traitements médicaux de leurs travailleurs. La somme accordée correspond à 50% du montant de la prime mensuelle, jusqu’à hauteur de 6 CHF.

 

Puisque l’affiliation est libre, les industriels se donnent le droit de contrôler si la somme allouée est correctement utilisée. Dès 1977, le montant alloué n’est plus exprimé au prorata des 50% de la prime, mais devient une somme fixe.

 

Depuis la révision de la LAMal (Loi sur l’assurance maladie) entrée en vigueur en 1996, l’affiliation est obligatoire. Les employeurs continuent de participer aux frais de traitements médicaux de leurs collaborateurs.

 

Le montant mensuel s’élève actuellement à 160 CHF par travailleur et à 60 CHF par enfant à charge.

Allocations familiales

En 1942, les employeurs fondent la Caisse de compensation pour allocations familiales de l’industrie horlogère. Elle verse 8 francs par enfant et 20 francs par ménage. Dès la fin des années 40, les cantons et, dès 2009, la Confédération légifèrent en la matière, mais la «Caisse horlogère» vise à toujours dépasser les allocations légales. Depuis 2012, les «allocations horlogères» sont supérieures de 30 francs à ces dernières.

 
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